Millepertuis perforé

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Millepertuis perforé

Ce matin en allant me promener je suis tombée nez à nez avec le millepertuis, en bordure d’un chemin peu fréquenté. L’occasion toute trouvée pour commencer à vous parler des plantes, celles qui apaisent, celles qui guérissent l’âme, celles qui sont nos alliées. 

Choix étrange pour une première, le millepertuis n’est pas la plante la plus simple à cerner, et encore moins à conseiller ! Mais il faut parfois simplement commencer par ce que nous avons devant les yeux. 

Du côté des sens

Nous avons de belles fleurs jaunes, aux inflorescences généreuses, avec le bord des pétales ponctué de points noirs. Les tiges sont cylindriques, avec des feuilles alternes. Si l’on regarde les fleurs au soleil, on aperçoit de petits capitules par transparence, donnant l’impression que la fleur est transpercée de mille petits trous, d’où son nom. 

Lorsque l’on frotte les fleurs entre ses doigts, ils se colorent en rouge en raison de l’essence qui y est contenue. On peut alors apprécier l’odeur d’encens qui vient titiller nos narines, conférant un côté sacré à cette belle plante. 

Parmi ses multiples usages, le plus répandu en phytothérapie concerne les brûlures. C’est l’huile des cuisiniers par excellence, celle qui se trouve toujours dans l’armoire à pharmacie des marmitons, car elle est ultra efficace. Mais attention ! Elle est également photosensibilisante, et si la partie ainsi traitée est exposée au soleil, cela peut provoquer des brûlures encore plus grave. 

En ce qui concerne son action sur la psyché, le millepertuis se révèle très efficace contre les dépressions légères à modérées: il relaxe les nerfs hyperactifs et hypersensibles, notamment dans les premières phases de la dépression. Lorsque le choc émotionnel vient de se produire, et que l’on sent que l’on sombre doucement, qu’on perd goût et entrain progressivement. On peut alors alterner entre ces phases de « coup de mou » et un moral normal, mais les moments où l’on se sent moins bien sont présents fréquemment, régulièrement, sans que l’on arrive à les chasser complètement. Le tableau clinique peut se compléter par de la colère, en réaction à l’événement déclencheur : c’est là que le millepertuis se révèle le plus efficace ! 

Il convient alors de le prendre en infusion :  15g par litre d’eau, boire 3 tasses par jour. Il peut mettre plusieurs jours à agir, mais la persévérance a du bon car il est redoutable. Attention toutefois, il existe de nombreuses interactions médicamenteuses avec le millepertuis, notamment avec certains antidépresseurs, anxiolytiques, anesthésiques, antirétroviraux et j’en passe. Il est donc indispensable de prendre l’avis de votre médecin ou pharmacien si vous prenez des médicaments par ailleurs. 

A ce stade, il serait intéressant de faire le parallèle entre les usages du millepertuis sur les troubles de l’humeur et sur les aspects somatiques. En effet, il agit sur le foie… et la colère, sur les douleurs névralgiques…  et sur l’hypersensibilité, sur les blessures dues à un traumatisme… et sur la dépression réactionnelle. Mais ça, c’est une autre histoire !