La contagion émotionnelle

Par mimétisme inconscient, grâce à nos fabuleux neurones miroirs, nous avons tendance à reproduire ce que nous voyons. Les neurones miroirs s’activent de la même façon lorsque nous voyons une action et lorsque nous la produisons et c’est aussi comme ça que s’ancrent les apprentissages.

Si on transpose cela au domaine des émotions, on parle alors de contagion émotionnelle. Ainsi, si vous êtes entouré de personnes qui froncent les sourcils, vous allez aussi, par mimétisme et activation de ces neurones miroirs, froncer les sourcils. Ensuite intervient le phénomène de la rétroaction faciale, qui fait que votre expression du visage va induire une émotion. Par exemple froncer les sourcils provoque un sentiment de tristesse. Ainsi, en reproduisant inconsciemment les expressions faciales de vos interlocuteurs, vous avez également reproduit leurs émotions !

Identifier ce phénomène est une première étape, car elle permet de vous rendre compte de l’impact que votre environnement social, amical, familial peut avoir sur vous. Mais à l’inverse, ce phénomène est vrai aussi dans l’autre sens : vos expressions faciales peuvent être communicatives !

De la même façon que lorsqu’une personne baille, généralement les personnes proches baillent aussi, lorsqu’une personne rigole, souvent cela entraîne un rire en cascade (les fameux fou rires inarrêtables en cours ou en réunion par exemple 😅)

Prendre conscience que vous êtes influencés par les simples expressions des personnes qui vous entourent vous permet aussi de faire face à cette perméabilité. En vous posant les bonnes questions sur ce que vous ressentez (suis-je vraiment triste ? Pourquoi ?), vous pouvez rectifier le tir, ou vous éloigner si cela vous affecte trop et que vous n’arrivez pas à reprendre le contrôle.

En revanche, en affichant de votre côté des expressions positives, vous pouvez aussi influencer l’ambiance de votre environnement. Et cela est d’autant plus vrai que les personnes qui vous entourent sont des proches, et comptent pour vous, puisqu’on ajoute alors la dimension affective qui amplifie l’empathie.

Source : Cerveau et psycho, n° 73