Le besoin d’autonomie chez l’enfant

Aussi petit soit-il, l’enfant traverse différentes phases de développement au cours desquelles il expérimente ses nouvelles compétences. Ca passe par la découverte du corps et des mouvements chez le tout petit qui apprend à se retourner du dos sur le ventre, à l’exploration de l’environnement chez le un peu moins petit qui apprend à marcher (et qui ne veut plus aller dans la poussette parce que c’est bien fun de marcher, même si toi tu veux aller plus vite parce que c’est l’heure…).
Puis en grandissant, cela continue, en passant par plein plein plein de phases différentes.

Ce besoin d’autonomie est naturel et nécessaire, et il est évidemment à accompagner. Bien sûr, il ne s’agit pas de juste lâcher votre bambin et de lui accorder toutes ses nouvelles demandes no limit ! Mais il s’agit plutôt de créer l’environnement suffisamment adapté pour qu’il puisse expérimenter en toute sécurité. Car ces phases sont nécessaires à son bon développement, et de pouvoir les expérimenter de manière sécure et sous supervision lui permettra d’intérioriser le cadre nécessaire à sa sécurité lorsque vous ne serez plus forcement toujours à côté (si si, ça arrive plus vite qu’on ne le pense !).

Oui mais, c’est quoi un « environnement suffisamment adapté » ?

Et bien tout dépend d’une part de l’âge de votre enfant et de son degré de maturité, et d’autre part de son besoin de réassurance.

Si on reprend l’exemple du tout petit qui se retourne, ça va être de lui permettre d’avoir un espace au sol où il peut expérimenter ses nouvelles capacités sans danger autour (exit la prise à portée de main et le couteau au sol).

En grandissant, cela se corse un tout petit peu. D’autant que les demandes de l’enfant ne sont pas toujours clairement exprimées. Ces demandes peuvent se traduire par de l’opposition, au moment de l’habillage par exemple. Et évidemment c’est l’heure à laquelle vous êtes pas trop dispo, parce qu’il faut partir à l’école, au travail, et que vous ne pouvez pas vous permettre d’être en retard. Alors vous habillez votre loulou pour aller plus vite, même s’il se débat. Un exemple de cadre qui peut être proposé, c’est de regarder ensemble la météo le soir, et que loulou choisisse ses vêtements pour le lendemain en fonction de la météo et du programme. Cela le responsabilise, tout en lui offrant un espace d’autonomie puisque c’est LUI qui choisit. Le matin, vous pouvez utiliser un timer visuel pour définir le temps de l’habillage, avec la consigne que si ce temps n’est pas respecté c’est vous qui l’habillerez pour ne pas être en retard.

Les supports visuels sont d’une grande aide pour accompagner l’enfant dans sa prise d’autonomie. Les routines illustrées, les timer visuels, les étiquettes de rangement, ou encore les semainiers imagés permettent à l’enfant d’avoir les repères nécessaires pour faire seul. On en trouve de nombreux gratuits à imprimer sur le net, n’hésitez pas à aller farfouiller !

Cet accompagnement à l’autonomie se poursuit pendant toute l’enfance, l’adolescence et parfois pour les jeunes adultes également. Cela peut être baliser les trajets seuls jusqu’à l’école, apprendre à gérer le temps d’écran, apprendre à rester seul à la maison, en passant par une gestion de budget, etc.

Ce qui est important, c’est de suivre le rythme de votre enfant pour ne pas le brusquer, mais aussi de ne pas trop le restreindre dans ses demandes. Parfois les enfants sont prêts plus tôt que ce que l’on imaginait, et accompagner leur besoin d’autonomie permet à la fois de diminuer les crises à la maison ET de renforcer leur estime d’eux-mêmes.

Et vous, comment vous sentez-vous dans cet accompagnement-là ?